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SUJET : La création du Conseil National Syrien ne règle pas tout

La création du Conseil National Syrien ne règle pas tout il y a 1 an 7 mois #10332

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Au cours des dernières semaines, la révolution syrienne a connu deux développements majeurs : la formation, le 2 octobre à Istanbul, du Conseil National Syrien (CNS), une coalition regroupant une partie importante de l'opposition ; et le début de la lutte armée, organisée et assumée, avec la montée en puissance de l'Armée Syrienne Libre (ASL).

"Oui au Conseil National Syrien"

"Vendredi de l'Union de l'opposition" (23.09.2011)

Le CNS est parvenu à rassembler les principales tendances de l'opposition syrienne, à l'intérieur du pays et en exil. Cela constitue un succès politique pour l'opposition syrienne, qui a su dépasser à cette occasion ses clivages idéologiques. Mais la question qui sépare encore les révolutionnaires syriens concerne le choix de la stratégie susceptible de les mener à la victoire. Sur ce point, la discorde est de plus en plus inquiétante.

Annonce de la création du CNCD par Hasan Abdel-Azim

Réunissant une partie des opposants historiques, la Coordination Nationale pour le Changement Démocratique (CNCD) prône une solution exclusivement politique, mais sans écarter la possibilité de négociations avec les éléments modérés du régime, moyennant un arrêt préalable de la répression. En revanche, les déserteurs regroupés dans l'Armée Syrienne Libre sont convaincus que le pouvoir ne cèdera que devant la force. Ils prônent donc un scénario à la libyenne. Enfin, le Conseil Nationale Syrien, tout en appelant à la poursuite de la lutte pacifique, reste flou sur les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à la chute du régime.

L'Armée Syrienne Libre

Depuis la fin du Ramadan, le nombre des désertions dans l'armée syrienne a fortement augmenté. L’ASL s'est peu à peu organisée et hiérarchisée. Fin septembre, elle a fusionné avec un autre groupe de déserteurs, le Mouvement des Officiers Libres. Les soldats et les cadres qui quittent désormais l’armée ne se contentent plus de fuir mais s'organisent en guérilla, avec des brigades dans chaque ville rebelle, en particulier dans le nord de la Syrie. Leur chef, le colonel Riyad Al-Assa'ad coordonne les actions de l'ASL depuis son refuge en Turquie. L'Armée Syrienne Libre revendique 15 000 hommes, mais la plupart des commentateurs estiment seulement à quelques milliers ceux qui participent activement à la lutte armée. Ce chiffre paraît dérisoire comparé aux 200 000 soldats qui composent l'armée syrienne, à laquelle il faut ajouter les troupes d'élites, les différentes unités de police, les services de renseignements et les chabbiha.

Le colonel Riyad Al-Assa'ad

Le choix de la lutte armée est désormais assumé par un nombre en hausse d'opposants et de déserteurs. Des embuscades, des assassinats de miliciens du régime et des actes de sabotage ont lieu chaque jour dans différentes parties du pays, notamment dans la banlieue de Damas, à Homs et à Idlib. A Rastan, une véritable bataille s’est déroulée durant plusieurs jours, à la fin du mois de septembre. Les forces loyalistes ont dû engager près de 250 chars pour reprendre le contrôle de la ville. Le colonel Riyad Al-Assa'ad a appelé la communauté internationale à l'aide, en demandant l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne. Il tente également de convaincre l'opposition que la lutte armée est la seule voie pouvant mener à la victoire. Le recours aux armes ne serait plus seulement le moyen de protéger les déserteurs et les manifestants, mais ferait désormais partie d’une stratégie offensive visant à faire tomber le régime. Loin d'être isolée, l'ASL bénéficie d'une popularité en hausse chez les révolutionnaires syriens, qui ont d'ailleurs baptisé le jour de manifestation, vendredi 14 octobre, de "Jour de l'Armée Syrienne Libre".

Le Conseil National Syrien

Le CNS a été créé à la suite de longues négociations. Il rassemble aujourd'hui la plus large coalition d'opposants à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie. Annoncé le 2 octobre par l'opposant Burhan Ghalioun, professeur de sociologie politique à la Sorbonne, le CNS est parvenu tant bien que mal à regrouper les formations les plus actives et les plus représentatives de l'opposition, malgré les différences idéologiques qui les séparent. On y note en particulier la présence des Frères Musulmans et, plus encore, celle des Comités Locaux de Coordination (CLC). Il s’agit d’un réseau regroupant les coordinations qui organisent la contestation quartier par quartier. Le ralliement de ces coordinations au Conseil n'a pas été évident. Mais c’est leur présence qui lui donne son importance et sa légitimité. Elles représentent une nouvelle génération d'activistes, souvent sans affiliation politique. Elles sont, de l'avis de tous, les formations les plus représentatives de l'opposition sur le terrain. La présence des Frères Musulmans est également importante. Ils représentent une partie notable des opposants en exil, bien qu'ils soient largement déconnectés de ce qui se passe sur le terrain. Cette large coalition donne enfin un visage et une structure à une opposition confrontée depuis 8 mois à une répression féroce, qui a causé la mort de plus de 3000 personnes.

Burhan Ghalioun

Si le CNS est unanime sur la nécessité de maintenir le caractère pacifique de la révolution, un désaccord interne persiste sur la question de l'intervention étrangère. Certains représentants du Conseil souhaiteraient limiter une telle intervention, qui apparaît de plus en plus inévitable, à des sanctions économiques et à un isolement diplomatique du régime syrien. C'est le cas des CLC. D'autres, comme l’avocat Haytham Al-Maleh, réclament une "protection internationale", voire, pour une minorité de membres du CNS, une intervention militaire aérienne. Cette cacophonie se reflète dans le recours par le Conseil à des formules telles que "le CNS est opposé à toutes les interventions extérieures illégales" ou "à toute ingérence allant à l'encontre de la souveraineté de la Syrie". Ces déclarations sont comprises par chacun comme bon lui semble. Elles peuvent, selon l'interprétation qu’on en donne, s'accommoder de visions contradictoires.

L'opposition "tolérée" de l'intérieur

A l'intérieur de la Syrie, un certain nombre de figures historiques de l'opposition contestent le nouveau Conseil National Syrien. Issus pour la plupart de la gauche laïque, ces opposants ont souvent passé plusieurs années en prison. Les plus connus d’entre eux sont Michel Kilo, Fayez Sara, Hassan Abdel-Azim ou encore Louay Hussein… Ces personnalités comptent parmi les plus importantes de l'opposition syrienne, mais elles ont été dépassées par un mouvement de type nouveau qui leur échappe. Elles jouissent du respect de la jeune génération, qui se souvient de leur engagement passé, mais qui entretient avec elles, depuis le début de la révolte, des relations parfois tendues. Ces opposants bénéficient d’une relative tolérance de la part du régime syrien. Ils ont été autorisés à plusieurs reprises à organiser des conférences - la dernière, début octobre, s'est tenue dans la banlieue de Damas - et même à se rendre à l'étranger, puisque plusieurs d’entre eux, comme Michel Kilo et Fayaz Sara, étaient récemment à Paris.

Michel Kilo

Pour de nombreux jeunes, non seulement ces opposants ne représentent pas la rue, mais ils se sont décrédibilisés en acceptant d'organiser des conférences auxquelles le régime s’est empressé d’accorder son autorisation, dans l’espoir de provoquer des dissensions au sein de l'opposition. Certains de ces opposants se sont rassemblés dans une Coordination Nationale pour le Changement Démocratique (CNCD), qui apparaît comme une concurrente du Conseil National Syrien. Outre les rancœurs personnelles, qui ont la vie dure entre opposants, ces deux formations s'opposent sur les moyens et la stratégie à mettre en œuvre face au régime.

Fayez Sara

Le CNCD critique avec véhémence le CNS, auquel il reproche de ne pas être assez clair sur la question de l'intervention étrangère. La position du CNCD est celle d'un rejet total de la violence et de toute interférence extérieure. Cette position sourcilleuse l’a conduit à approuver la position de fermeté des Russes et des Chinois au Conseil de Sécurité… Concernant le recours aux armes, Louay Hussein est allé jusqu'à affirmer que s'il devait choisir entre la guerre civile et la réconciliation avec le président, il choisirait la seconde option. De tels propos, qui ne reflètent pas l'opinion des manifestants, n’ont rien d’anodin au moment où une partie de l'opposition syrienne semble avoir fait le choix de se lancer dans la lutte armée.

Louaï Huseïn

S'ils sont clairs et intransigeants sur le rejet de la violence, le refus des logiques sectaires, et l’exclusion de toute forme d'intervention étrangère, les membres du CNCD cultivent en revanche l’ambiguïté sur la question d'une possible négociation avec le régime. Officiellement le CNCD est contre une négociation, et il a refusé de participer au "Dialogue national" organisé et contrôlé par le pouvoir. Mais, soucieux d'éviter une guerre civile, les membres de la Coordination Nationale indiquent qu'ils pourraient accepter de "traiter avec les membres du régime qui n'ont pas de sang sur les mains".

La formation du Conseil National Syrien a été annoncée, à juste titre, comme une étape majeure du mouvement révolutionnaire syrien. Mais l’unité apparente qu’il affiche ne doit pas cacher le fait que la division perdure parmi les opposants. Ils ne sont toujours pas parvenus à répondre à la question qui hante les révolutionnaires syriens : comment gagner la bataille pour la liberté et la démocratie engagée depuis 8 mois en Syrie ?
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Re: La création du Conseil National Syrien ne règle pas tout il y a 1 an 7 mois #10336

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Syrie: l'opposition menace de demander une intervention étrangère

a répression des manifestations hostiles au régime Assad a fait 3000 morts, en majorité des civils, selon l'ONU.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad, a menacé mercredi à Tripoli de demander une intervention de la communauté internationale pour protéger les civils contre la répression «irresponsable» menée par Damas.

«Si le régime continue à être irresponsable - et nous avons noté que durant les dernières 48 heures il a répondu à l'initiative arabe par plus de tueries, avec 35 morts à Homs - dans ce cas, notre principal objectif est d'appeler à protéger les civils», a déclaré un des membres du CNS, Najib Ghadbian.

Cette aide extérieure pourrait, selon lui, prendre la forme d'une zone tampon ou d'une zone d'exclusion aérienne, sur le modèle de celle décrétée par les Nations unies en Libye pour protéger les civils de la violente répression menée par le dirigeant déchu Mouammar Kadhafi.

«Ce n'est pas la même chose que d'appeler à une intervention militaire menée par des forces étrangères», a-t-il insisté, lors cette visite en Libye, seul pays à reconnaître le CNS comme unique représentant légitime du peuple syrien.

La Ligue arabe a appelé dimanche à la tenue d'une «conférence de dialogue national» sous 15 jours au Caire entre le gouvernement syrien et l'opposition, pour mettre fin aux violences et «éviter une intervention étrangère».

Selon M. Ghadbian, «il y a une pression grandissante depuis l'intérieur de la Syrie, venant principalement du régime (...) qui pousse le mouvement de protestation à prendre les armes».

«Nous pensons, et c'est une question de principe, que conserver le caractère pacifique de la révolution est la meilleure façon de faire tomber ce régime», a-t-il ajouté.

Créé fin août à Istanbul et lancé officiellement le 2 octobre, le CNS réunit la majeure partie des courants politiques opposés au régime de Damas: les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans, interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.

La délégation du CNS a rencontré Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT) libyen.

Hassan al-Soughair, membre du CNT, a assuré que le nouveau pouvoir à Tripoli apporterait «toutes sortes de soutien» pour garantir le succès de la «révolution» syrienne.

La répression des manifestations hostiles au régime Assad a fait 3000 morts, en majorité des civils, selon l'ONU.

cyberpresse.ca
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Re: La création du Conseil National Syrien ne règle pas tout il y a 1 an 2 mois #10898

غليون" في الرباط: لابد من استخدام القوة لوقف عُنف النظام السوري


الأحد 18 مارس 2012 -
أكد رئيس المجلس الوطني السوري برهان غليون أن النظام السوري "أثبت خلال عام كامل وأمام جميع المبادرات السياسية التي قامت بها الجامعة العربية ومجموعة أصدقاء سورية أنه لا يريد أي حل سياسي".

وشدد في مؤتمر صحفي مشترك مع وزير الشؤون الخارجية والتعاون سعد الدين العثماني عقب مباحثاتهما السبت 17 مارس الجاري بالرباط على أنه في ظل هذا الوضع فانه "لابد من استخدام القوة لوقف القوة ".

وأضاف : إن المجموعة العربية يجب أن تكون فعلا لديها وسائل لوقف العنف الذي يمارسه النظام السوري، داعياً الى اتخاذ إجراءات عملية لوقف آلة القمع والعنف.

كما دعا "الدول العربية ودول العالم وخاصة تجمع أصدقاء سورية إلى عدم الاكتفاء بالبيانات والإعلانات والإدانات" بحكم أن "الأمور وصلت إلى حد استباحة حقيقية للعديد من الأحياء والمدن السورية أمام أنظار العالم".

من جانبه جدد وزير الشؤون الخارجية والتعاون المغربي سعد الدين العثماني التأكيد على انشغال المغرب بالعنف الذي يمارس على الشعب السوري موضحاً ان بلاده تعمل جاهدة مع كل الشركاء على وقف هذا العنف ونجدة الشعب السوري .

وقال المسؤول المغربي "إن المغرب سيضاعف جهوده في المرحلة المقبلة لوقف العنف في سورية انطلاقا من مجلس الأمن، الذي يعد المغرب العضو غير الدائم العربي الوحيد فيه، ومن خلال الحوار مع الدول الفاعلة والمؤثرة في الملف السوري.

hespress.com
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